à savoir

Laurence Anyways : j’ai découvert Dolan

(Avant toute chose, je précise que j’ai vu ce film en la présence de Toya, qui a accepté d’être co-auteur de cet article. Je l’en remercie ^^.).

Alala, Xavier Dolan… Voilà un réalisateur dont on entend beaucoup parler en ce moment. Présenté comme un véritable prodige du cinéma francophone (notre cher ami étant québecois), ses films me paraissaient soit adulés, soit détestés par les critiques et par les téléspectateurs. Il ne me semblait pas réellement y avoir de demi-teinte dans l’appréciation de ses longs-métrages. Cela dit, certains de ses films ressortaient. J’avais notamment beaucoup entendu parler de « J’ai tué ma mère », « Mommy » et de « Laurence Anyways ». Toya ayant vu les trois, il avait eu un coup de cœur particulier pour le dernier. Moi même étant plus intéressé par celui-ci, nous furent partis pour une longue séance de visionnage de près de 2h40.

Il faut savoir que je n’avais vu aucun film de Xavier Dolan avant Laurence Anyways. J’ai découvert l’univers et le style du jeune réalisateur en même temps que l’histoire de Laurence Alia, professeur de lettres trentenaire dans un lycée de Montréal. A l’aube des années 90, notre homme vit le grand amour avec sa compagne aux cheveux de feu : Fred. Ils rigolent, sortent, font la fête, bref, ils s’aiment au moins autant qu’ils s’amusent. Cela dit, si ce film n’était qu’une bête histoire d’amour de presque 3 heures, vous ne liriez pas ces lignes (je n’aurais certainement pas terminé le film et encore moins fait cette critique). Plus que jamais, Laurence se sent comme une femme dans un corps d’homme. L’annonce fut ainsi brutale : il veut changer de sexe malgré les conséquences que cela impliquera sur sa vie personnelle, professionnelle et, bien sûr, sentimentale…

Je ne sais pas tellement par où commencer… si ce n’est que ce film n’a été ni plus, ni moins ce que l’on m’a promis : une énorme claque dans la gueule. Tout dans ce film est juste extraordinaire ! Que ce soit la réalisation, le jeu des acteurs, la mise en scène ou même l’histoire, rien n’est à jeter. Xavier Dolan se permet des scènes grandioses, filmées dans un cadre assez inhabituel (1,37:1, bien différent du format de nos films habituellement). Certaines sont pour le moins surprenantes mais valent vraiment le détour ! De même, comme souvent chez Dolan, la bande son est géniale et superbement exploitée. Certaines scènes sont tellement centrées sur la musique qu’elles tendent parfois vers le clip, chose que j’aurais pu critiquer habituellement, mais qui est tellement bien maitrisée ici que je ne peux qu’applaudir ! Je ne vous en dirais pas trop cela dit. Sachez juste qu’écouter la B.O du film avant de le voir est, à mes yeux, un spoiler à part entière… donc abstenez-vous ;).

Je dois admettre que je n’ai pas trouvé de mot pour décrire la performance que délivre chacun des acteurs de ce film. Melvil Poupaud (Laurence) offre une prestation tellement grandiose que j’ai presque eu l’impression qu’il voulait réellement changer de sexe.  Sa transformation, autant physique que comportementale, est extrêmement convaincante. Il a compris qu’il jouait une femme et le fait à la perfection. Nathalie Baye (la mère de Laurence, Julienne) est, comme toujours, parfaite dans son rôle. Je réserve toutefois une mention spéciale à Suzanne Clément (Fred) qui est époustouflante dans ce film. Elle est réellement parvenue à me couper le souffle dans certaines scènes, de part sa prestation (je pense notamment à la scène du restaurant, pour ceux qui verront le film). Tous les autres acteurs sont très bons, aucun n’est réellement en dessous des autres.

Pour finir, je trouve que le film réussit parfaitement là où beaucoup sont maladroits. Il arrive à faire un bilan sur la situation des transsexuels au cours du temps. Car oui, le film se passant  au travers des années 90, on peut y voir toute l’évolution de la tolérance de notre société envers les personnes ayant changé de sexe. Il rappelle alors, comme un coup de poignard, que la transsexualité était enregistrée dans le dictionnaire des maladies mentales il y a encore 20 ou 30 ans… Le film se présente ainsi comme un appel à la tolérance au travers du personnage de Laurence, un appel plus que réussi. Les transsexuels n’ont rien de différent, ils sont comme vous, comme moi, comme Laurence, comme Fred… car après tout, Laurence en homme, Laurence en femme, c’est Laurence Anyways.

Pour résumer : allez voir ce film, d’urgence ! Il faut vraiment me croire quand je dis que je ne trouve vraiment aucun défaut à lui reprocher. Pour moi, ce film est parfait à tout point de vue et je pense qu’il ne laissera personne indifférent. Alors je vous en supplie, libérez 2h40 de votre temps pour voir Laurence Anyways, ou vous passerez à côté de ce qui est probablement l’un des meilleurs films de 2012 (si ce n’est le meilleur)…

Si vous avez la moindre question, je serai ravi de vous répondre en commentaire 🙂

à propos de Sticmac

Étudiant et touche à tout ! Passionné de jeux vidéo, d'informatique, de musique et j'en passe :)

Laisser un commentaire